Microsoft Copilot en entreprise : ce qu'il voit de vos données
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Copilot ne crée aucun droit d'accès : il rend visibles ceux qui existent déjà. C'est pour cela que le chantier commence dans SharePoint, pas dans Copilot.
Microsoft Copilot, anciennement Microsoft 365 Copilot, peut s'appuyer sur tout ce qu'un salarié a le droit d'ouvrir dans Microsoft 365 : courriels, fichiers, conversations Teams, réunions. Il ne contourne aucune autorisation, mais il rend instantanément trouvable ce qui était seulement accessible. Dans une PME où les dossiers partagés ont été ouverts largement au fil des années, c'est ce point qu'il faut traiter avant l'activation.
Ce que coûte Copilot pour une PME
Microsoft vend Copilot aux entreprises de moins de 300 utilisateurs sous le nom Microsoft 365 Copilot Business. Il s'ajoute à un abonnement Microsoft 365 Business existant ; il ne s'achète pas seul.
En complément d'un abonnement existant : 18,20 € HT par utilisateur et par mois, avec engagement annuel. Une remise ramène ce prix à 15,60 € HT la première année pour les souscriptions faites entre le 1er juillet et le 31 décembre 2026.
En pack : Microsoft 365 Business Standard avec Copilot à 20,36 € HT par utilisateur et par mois, Business Premium avec Copilot à 27,73 € HT, en paiement annuel.
Tarifs et conditions relevés le 16 septembre 2026 sur la page officielle de Microsoft. Ces offres évoluent souvent : vérifiez-les avant de signer.
Pour estimer le coût réel au-delà de la licence, le raisonnement est le même que pour tout assistant : équiper par usage plutôt que par effectif. Il est détaillé dans combien coûte vraiment ChatGPT en entreprise, et vaut pour Copilot.
Ce que Copilot peut lire, et ce qu'il ne peut pas lire
Microsoft l'écrit sans ambiguïté dans sa documentation : Copilot ne fait apparaître que les données sur lesquelles l'utilisateur dispose au moins d'un droit de lecture. Il s'appuie sur les mêmes contrôles d'accès que le reste de Microsoft 365.
C'est rassurant et inquiétant à la fois. Rassurant, parce qu'un salarié n'obtiendra jamais un fichier qu'il ne pouvait pas ouvrir. Inquiétant, parce que beaucoup d'entreprises ne savent plus qui peut ouvrir quoi. Un dossier des ressources humaines partagé à toute l'entreprise il y a trois ans, un lien de partage envoyé puis oublié, un canal Teams trop large : personne n'allait les chercher. Une simple question posée à Copilot peut désormais les faire remonter.
Quand un document est chiffré par une étiquette de confidentialité Microsoft Purview, Copilot respecte les droits d'usage accordés à l'utilisateur.
Ce que Microsoft fait de vos échanges
Pas d'entraînement. Les invites, les réponses et les données consultées dans Microsoft 365 ne servent pas à entraîner les modèles de fondation.
Un historique conservé. Les échanges avec Copilot sont stockés comme le reste de vos contenus Microsoft 365. Les administrateurs peuvent les rechercher et leur appliquer des règles de conservation avec Microsoft Purview ; chaque utilisateur peut supprimer son propre historique.
Un hébergement européen, avec une exception. Pour les utilisateurs de l'Union européenne, les traitements restent dans la frontière de données européenne de Microsoft. Les modèles d'Anthropic, que Microsoft propose aussi dans Copilot, en sont exclus : c'est l'administrateur qui décide de les activer ou non.
La recherche web passe par Bing. Quand Copilot juge utile de chercher sur internet, il envoie une requête générée à partir de la question de l'utilisateur au service Bing.
Le ménage à faire avant d'activer Copilot
Relever les partages trop larges. Les sites SharePoint ouverts à toute l'organisation, les liens de partage anonymes, les équipes Teams publiques. Commencez par les espaces qui contiennent des données de salariés, des contrats et des informations financières.
Étiqueter les documents sensibles. L'offre Business Premium comprend les outils de découverte, de classification et de protection des données sensibles. Une étiquette qui chiffre un document limite ce que Copilot peut en faire aux droits de l'utilisateur.
Décider des modèles tiers. Si l'hébergement européen compte pour vous, laissez désactivés les modèles exclus de la frontière de données européenne.
Démarrer par un groupe pilote. Quelques personnes, des usages identifiés, un retour au bout d'un mois. Chaque usage retenu prend sa ligne dans le registre des usages IA.
Vos salariés doivent savoir ce que l'employeur peut consulter
Un administrateur qui peut rechercher dans l'historique des échanges avec Copilot dispose d'un outil qui touche à l'activité des salariés. Le code du travail pose deux règles simples.
Aucune information concernant personnellement un salarié ne peut être collectée par un dispositif qui n'a pas été porté préalablement à sa connaissance (article L1222-4). Dans les entreprises d'au moins cinquante salariés, le comité social et économique est informé et consulté avant la mise en œuvre de tout moyen permettant un contrôle de l'activité des salariés (article L2312-38).
En pratique : dites clairement, dans la charte d'usage, qui peut consulter ces historiques et dans quels cas. Le modèle de charte prévoit la clause, et ce que l'employeur peut imposer détaille le cadre.
Microsoft limite aussi un autre usage : ses filtres empêchent Copilot de produire des jugements sur la performance, l'état émotionnel ou les caractéristiques personnelles d'un salarié à partir de ses communications. C'est un garde-fou utile, qui ne remplace pas la règle interne.
Questions fréquentes
Copilot peut-il montrer à un salarié des fichiers qu'il n'a pas le droit de voir ?
Non. Copilot ne fait apparaître que les contenus sur lesquels l'utilisateur a au moins un droit de lecture. Le risque vient des droits trop larges déjà en place, que Copilot rend faciles à trouver.
Microsoft utilise-t-il nos documents pour entraîner ses modèles ?
Non. Selon la documentation de Microsoft, les invites, les réponses et les données consultées dans Microsoft 365 ne servent pas à entraîner les modèles de fondation utilisés par Copilot.
Les données de Copilot restent-elles en Europe ?
Pour les utilisateurs de l'Union européenne, oui : Copilot relève de la frontière de données européenne de Microsoft. Exception notable : les modèles d'Anthropic proposés dans Copilot en sont exclus, et leur activation dépend de l'administrateur.
Peut-on acheter Copilot sans abonnement Microsoft 365 ?
Non pour l'offre destinée aux PME : Copilot Business s'ajoute à un abonnement Microsoft 365 Business éligible, ou s'achète en pack avec lui.
Copilot et ChatGPT font-ils la même chose ?
Pas tout à fait. Copilot travaille dans vos applications Microsoft 365 et avec vos contenus ; ChatGPT est un assistant autonome, qui se connecte à vos outils si vous l'autorisez. Les règles sur les données valent pour les deux : ChatGPT en entreprise détaille le cadrage.
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