Faut-il indiquer qu'un post LinkedIn a été écrit avec une IA ?
Mis à jour le 6 min de lecture
L'article 50 ne vise pas tout ce que vous publiez. Les trois situations où la mention est réellement due sur LinkedIn, celles où elle ne l'est pas, et la formule à utiliser.
C'est la question la plus fréquente dès qu'une équipe marketing découvre l'article 50 de l'AI Act. La réponse tient en une distinction : le texte ne demande pas de déclarer vos outils, il demande de ne pas tromper la personne en face. Sur LinkedIn, trois situations déclenchent une mention. Les autres, non.
La question n'est pas « ai-je utilisé une IA »
Beaucoup d'entreprises se demandent si un brouillon assisté par IA suffit à déclencher une obligation. Ce n'est pas la bonne grille de lecture. L'article 50 ne s'intéresse pas à votre méthode de travail. Il s'intéresse à ce que le lecteur croit avoir sous les yeux.
Un dirigeant qui dicte ses idées, fait mettre en forme par un modèle, relit, coupe et publie sous son nom reste l'auteur de son post. Un compte qui publie automatiquement des textes que personne n'a lus est dans une autre situation. La frontière est la présence d'une décision humaine avant la publication.
Les trois cas où la mention est due
Le visuel photoréaliste
C'est le cas le plus courant, et le plus souvent manqué. Une illustration manifestement stylisée ne pose pas de problème : sa nature artificielle est évidente. Une image qui pourrait passer pour une photographie en pose une, surtout si elle met en scène des personnes, des locaux ou une situation d'apparence réelle.
Le test est simple. Si un lecteur pressé peut croire qu'il regarde une photo prise chez vous, la mention est due.
La vidéo ou la voix qui met en scène une personne
Avatar généré à votre image, voix clonée sur une vidéo de présentation, sous-titrage lu par un modèle. Dès qu'un contenu représente une personne réelle d'une façon qui ne correspond pas à une captation, on entre dans le champ des hypertrucages, et la mention devient obligatoire.
Le fait que la personne représentée soit consentante, et même qu'il s'agisse de vous, ne supprime pas l'obligation d'information du public. Le consentement règle la question du droit à l'image, pas celle de la transparence.
Le texte généré sur un sujet d'intérêt public
Un texte publié pour informer le public sur une question d'intérêt public doit être signalé comme généré par IA. Sur LinkedIn, cela vise le décryptage réglementaire, le commentaire d'actualité, la prise de position sur un sujet de société. Pas votre annonce de recrutement ni votre retour de salon.
L'exception est décisive et souvent ignorée : l'obligation tombe lorsque le contenu a fait l'objet d'un contrôle éditorial humain et qu'une personne en assume la responsabilité. Un post relu et signé par un dirigeant identifié entre dans ce cas. Encore faut-il que la relecture existe vraiment.
Les cas où vous ne devez rien
Un brouillon généré puis réécrit. Une reformulation d'un texte que vous avez écrit. Une traduction. Une correction orthographique. Un plan de post suggéré par un modèle et rempli par vous. Une illustration abstraite ou manifestement graphique.
Ajouter une mention partout où elle n'est pas due n'est pas une précaution utile. Cela dilue le signal, et cela finit par faire passer pour généré un travail qui ne l'est pas.
Ce qu'il faut écrire, exactement
La mention doit être claire, perceptible, et disponible au moment où la personne consomme le contenu. Sur LinkedIn, cela veut dire dans le post ou dans la légende du visuel, pas dans un commentaire ajouté plus tard ni dans les mentions légales de votre site.
Trois formulations suffisent à couvrir la quasi-totalité des cas. « Visuel généré par IA. » « Vidéo générée par IA à partir de mon image. » « Texte généré par IA, relu et validé par [prénom nom]. » Courtes, factuelles, sans excuse.
L'Union européenne a par ailleurs publié un jeu d'icônes que les déployeurs peuvent reprendre pour signaler un contenu. C'est une alternative propre à la mention textuelle quand la place manque, notamment sur un visuel.
Le cas particulier des commentaires et des messages automatisés
Un outil qui répond automatiquement aux commentaires ou qui engage une conversation en messagerie ne relève plus du contenu publié. Il relève de l'interaction avec un système d'IA, et l'information est due dès le début de l'échange.
C'est le point le plus exposé des stratégies d'automatisation LinkedIn. Une séquence de messages personnalisés envoyée sous le nom d'un commercial, sans qu'aucun humain ne lise les réponses, fait croire à un échange humain. C'est précisément ce que le texte vise.
Ce que fait la plateforme ne vous couvre pas
Les réseaux sociaux déploient leurs propres systèmes de détection et d'étiquetage automatique. Ces dispositifs relèvent de la plateforme, pas de vous. Ils fonctionnent à partir de métadonnées qui disparaissent au premier ré-enregistrement, et vous n'avez aucune maîtrise sur leur déclenchement.
Compter dessus revient à sous-traiter votre conformité à un algorithme dont vous ignorez les règles. Écrire la mention vous-même coûte cinq secondes et ferme le sujet.
Questions fréquentes
Une mention en bio ou dans les mentions légales suffit-elle ?
Non. L'information doit être disponible là où le contenu est consommé. Personne ne lit votre bio avant de regarder un visuel dans son fil. Une mention générale ne remplit pas la fonction attendue.
Et pour un carrousel dont seuls les visuels sont générés ?
La mention porte sur ce qui est généré. Une ligne en fin de post précisant que les visuels ont été générés par IA suffit, à condition qu'elle soit lisible sans déplier le post.
Est-ce que cela nuit à la performance du post ?
C'est la crainte la plus souvent exprimée, et elle mérite d'être posée franchement. Le risque réel n'est pas la mention : c'est le désaveu public le jour où un lecteur démontre qu'un visuel était généré alors que vous le présentiez comme une photo de vos locaux. Une ligne de transparence coûte moins cher qu'une mise au point.
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